R. Petrella : Pour une gestion citoyenne de l'eau
La défense du droit universel et prioritaire à l’accès à l’eau est le cheval de bataille du politologue et économiste Ricardo Petrella. Face à la disparition et à la mauvaise gestion de l’eau, l’italien exhorte les populations à reprendre le contrôle d’une eau prise en otage par les grands groupes de distribution.
Son analyse est claire. Au jour où, le niveau des nappes phréatiques diminue et que les eaux de surface sont toujours plus polluées, l’eau ne peut plus être considérée comme une marchandise : "Nous avons opéré une financiarisation des richesses de la vie inadmissible". Ricardo Petrella fait, ici, référence à la montée en flèche de l’utilisation de l’eau pour la production d’énergie et à la main mise des sociétés de distribution d’eau sur les collectivités.
Pour une gestion citoyenne de l’eau
Sur ce dernier point, il salue la décision prise par la Mairie de Paris de re-municipaliser l’eau. En ne reconduisant pas les contrats qui liaient la capitale française à Veolia et Suez, la gestion de l’eau redevient le fait des élus locaux et donc des citoyens. Il est vrai que l’habitude de déléguer a fait perdre à chacun la conscience de la législation. "Ce sont les collectivités qui sont propriétaires des infrastructures et non les fournisseurs de services ", rappelle R.Petrella. Dans cette logique de responsabilisation citoyenne, il va encore plus loin en proposant une fiscalité sur l’eau : "Pourquoi payer pour l’armée et pas pour l’eau ? C’est une démission en tant que citoyen". Si la dichotomie peut paraître simpliste, elle a le mérite de soulever une question de fond. Entre le droit de vivre et celui de dominer que voulons-nous voir primer ?
via greenzer
crédit photo : darkpatator.Flickr

